Le marketing vu par Michel Serres
25 10 2008Michel Serres est intérrogé par le magazine Newzy (je vous conseille de vous abonner à la newsletter) sur son approche du marketing, à l’occasion de la sortie de son ouvrage «Le malpropre, polluer pour s’approprier ?».
Je vous laisse déguster la verve du philosophe qui expose dans ces 6 courtes vidéos son point de vue sur le monde de la communication et des marques…
J’ai tenté de résumer les propos de Michel Serres, en espérant ne pas les trahir…
I - La marque, empreinte territoriale de l’entreprise
Les publicitaires, en diffusant la marque des entreprises, délimitent un territoire de propriété et perpétuent la tradition du commerce le plus ancien au monde.
«Le tigre pisse aux limites de sa niche. Le lion ou le chien aussi bien. Comme ces mammifères carnassiers beaucoup d’animaux, nos cousins, marquent leur territoire de leur urine dure, puante et de leurs abois ou de leur chanson douce, comme les pinsons ou les rossignols.
Marquer. Ce verbe a pour origine la marque du pas laissée sur la terre par le pied. les putains d’Alexandrie, jadis, avaient coutume, dit-on, de ciseler en négatif leurs initiales sous la semelle de leurs sandales pour que, les lisant imprimées sur le sable de la plage, le client éventuel reconnaisse la personne désirée en même temps que la direction de sa couche.
Les Présidents des grandes marques reproduites par les publicitaires sur les affiches des villes jouiront sans doute ensemble d’apprendre qu’ils descendent en droite ligne, comme de bons fils, de ces putains-là.»
II - Trop de pub tue la pub
Les décisionnaires du monde de la communication, en permettant l’accumulation de publicités en un même endroit, génèrent la laideur issue généralement du chaos ou de la guerre.
«J’ai eu parmi mes étudiant des gens qui me disaient que leur père, président de télévision, leur interdisait de voir les images qu’il produisait. Je me demandais comment cet homme pouvait se raser le matin.»
III - L’entreprise ne dure pas
La publicité promeut l’entreprise au travers de messages basés sur des concepts consensuels qui sont, par définition, soumis aux modes.
«La publicité, c’est répéter quelque-part ce qu’on dit partout. […] Qu’est-ce qui dure ? C’est l’esprit […] la beauté […] la culture.»
IV - L’entreprise ne s’inscrit pas dans les réalités de notre civilisation
Dans un monde nomade où les frontières n’existent plus, l’entreprise (comme la politique) persiste à promouvoir des concepts désuets, basés sur le territoire et la propriété.
V - Pub et argent, lequel a besoin de l’autre ?
Et si les premières pièces de monnaie étaient le support de l’image de celui qui les a frappées ?
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